Un véhicule loué change de conducteur chaque semaine, parfois chaque jour : c'est précisément ce qu'un assureur examine. Ce guide part de l'obligation légale, puis passe au contrat flotte, aux garanties, aux franchises, aux questions des assureurs et au dossier.
Il décrit le droit français à sa date de publication et ne remplace ni un conseil juridique ni l'avis d'un professionnel de l'assurance. Nous ne recommandons aucun assureur : les conditions dépendent de votre flotte, de votre clientèle et de votre historique.
Ce que la loi impose : la responsabilité civile, pour tout conducteur
Selon l'article L211-1 du code des assurances, toute personne dont la responsabilité peut être engagée pour des dommages causés à des tiers par un véhicule « doit, pour faire circuler celui-ci, être couverte par une assurance garantissant cette responsabilité ». Ces contrats doivent « également couvrir la responsabilité civile de toute personne ayant la garde ou la conduite, même non autorisée, du véhicule » : le locataire au volant est donc couvert pour les dommages qu'il cause aux autres.
La DGCCRF précise que cette assurance est obligatoirement souscrite par le loueur, son coût étant intégré au prix de base de la location, et qu'elle ne couvre pas les dommages subis par le véhicule loué. Dommages, vol, bris de glace ou immobilisation relèvent de garanties facultatives, à choisir et à négocier.
Contrat flotte ou contrat par véhicule
Avec un ou deux véhicules, des contrats séparés peuvent suffire. Quand la flotte grandit, le contrat flotte s'impose : une seule police couvre tous les véhicules, avec des entrées et des sorties déclarées en cours d'année. L'article A121-2 du code des assurances permet aux contrats « garantissant plus de trois véhicules automobiles appartenant à un même propriétaire », conduits avec le permis B, de prévoir une clause de réduction ou de majoration différente du bonus-malus classique ; les véhicules loués pour douze mois ou plus restent soumis au régime général.
La règle d'évolution de votre prime est donc propre à votre contrat : faites-la expliquer et négociez-la. Déclarez aussi clairement l'usage : la location à des tiers sans chauffeur doit figurer dans la déclaration du risque.
Les garanties à passer en revue
- Responsabilité civile — obligatoire ; vérifiez les exclusions liées au conducteur : permis, alcool, conducteur non déclaré.
- Dommages au véhicule — tous accidents ou collision avec un tiers identifié : la garantie qui protège votre actif.
- Vol et incendie — conditions de déclenchement : clés, stationnement, protections exigées.
- Bris de glace — inclus dans les dommages ou couvert à part, et avec quelle franchise.
- Immobilisation — un véhicule au garage ne se loue pas : cette perte est-elle indemnisée ?
- Perte financière — sur un véhicule financé, l'écart entre l'indemnité et le capital restant dû.
- Assistance et protection juridique — dépannage loin de l'agence, recours contre un tiers.
Franchises : celle de l'assureur et celle du client
La franchise d'assurance est la part de chaque sinistre que vous gardez face à l'assureur. La franchise de location est ce que votre contrat laisse au locataire responsable, éventuellement réduite par un rachat ; selon la DGCCRF, le dépôt de garantie est le plus souvent égal à la franchise non rachetable. Chaque euro de franchise accepté face à l'assureur est à financer à chaque accrochage, que vous le récupériez ou non auprès du client : alignez les trois montants. Le côté client est détaillé dans nos guides sur la refacturation des dommages au locataire et sur la caution par empreinte bancaire.
Ce que l'assureur va vous demander
Vous devez « répondre exactement aux questions posées par l'assureur, notamment dans le formulaire de déclaration du risque » (article L113-2 du code des assurances) ; une réponse inexacte peut se retourner contre vous lors d'un sinistre. Attendez-vous à des questions sur :
- La sinistralité — le droit européen vous permet d'obtenir de votre assureur un relevé de sinistres couvrant au moins les cinq dernières années de contrat, remis dans les quinze jours suivant la demande.
- Les conducteurs — âge minimum, ancienneté du permis, conducteurs additionnels, clientèle étrangère.
- Vos procédures — vérification d'identité et de permis, état des lieux, caution, conditions générales.
- Le stationnement et la protection — garage, surveillance, traceur ou antivol selon la valeur des véhicules.
- L'usage — durée des locations, livraisons, kilométrage, pays autorisés.
Ensuite, une circonstance nouvelle qui aggrave le risque, un modèle très puissant ou l'ouverture aux jeunes conducteurs par exemple, se déclare dans les quinze jours ; un sinistre, dans le délai prévu au contrat, qui ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés, deux en cas de vol (même article).
Courtier spécialisé ou assureur en direct
Vous pouvez traiter avec un assureur en direct, avec un agent qui le représente, ou avec un courtier, qui agit pour votre compte et consulte plusieurs compagnies. Sur un risque de location, un courtier qui connaît le métier sait où placer le dossier et comment le défendre. Vérifiez votre interlocuteur : les intermédiaires d'assurance doivent être immatriculés sur un registre unique (article L512-1 du code des assurances), consultable sur le site de l'ORIAS, et l'ACPR publie le registre des organismes d'assurance autorisés en France. L'article L211-1 exige d'ailleurs une entreprise d'assurance agréée pour ce risque.
Voitures premium et de luxe : ce qui change
Sur des véhicules de forte valeur, vérifiez trois points : la base d'indemnisation en cas de perte totale (valeur à dire d'expert, valeur d'achat ou valeur convenue), les exclusions d'usage (circuit, sous-location, conducteur non déclaré, sortie du territoire autorisé) et la sécurité exigée (stationnement fermé, remise des clés en main propre, localisation). En conciergerie automobile, les véhicules appartiennent à des propriétaires : fixez par écrit, avec l'assureur et avec chaque propriétaire, quel contrat couvre le véhicule pendant la location. Voir aussi notre guide pour créer une agence de location de voitures de luxe.
Préparer un dossier qui se défend
Un dossier complet obtient plus de réponses, et des réponses plus précises. Avant de solliciter un assureur ou un courtier, réunissez :
- La liste des véhicules : modèle, immatriculation, date de mise en circulation, valeur.
- Les relevés de sinistres de vos contrats actuels ou passés.
- Le détail de chaque sinistre : date, circonstances, coût, montant récupéré auprès du locataire.
- Vos conditions générales, votre contrat de location, votre politique de caution et de franchise.
- Vos règles d'accès : âge minimum, ancienneté de permis, pièces vérifiées.
- Vos lieux de stationnement et vos mesures de protection.
- Votre activité : nombre de locations, jours loués, durée moyenne, types de clients.
Ce que Corsiva OS apporte au dossier, et ce qu'il ne fait pas
Corsiva OS ne comporte pas de module d'assurance : il ne compare pas les offres, ne vend aucun contrat et n'embarque pas de géolocalisation. Il réunit en revanche les éléments que l'assureur demande :
- L'historique — chaque location reste rattachée au véhicule et au client, dont la fiche garde l'historique et les pièces.
- Les états des lieux — photos guidées, kilométrage, carburant et signature, au départ et au retour.
- Les contrats — générés depuis la réservation, signés à l'écran, archivés en PDF.
- Les cautions — empreinte bancaire Stripe, incluse dès la formule Business (voir les tarifs).
- Les conducteurs — identité et permis vérifiés : la remise des clés reste bloquée tant que paiement, caution, pièces et contrat ne sont pas validés.
Nous louons nous-mêmes des véhicules depuis Chambéry, sur quatre sites, et Corsiva OS a d'abord été construit pour nos agences : quand l'assureur demande ce que vous avez récupéré sur un sinistre, la réponse est dans l'outil.
Questions fréquentes
Un loueur de voitures est-il obligé d'assurer ses véhicules ?
Oui. L'article L211-1 du code des assurances impose une assurance de responsabilité civile pour faire circuler un véhicule, et elle doit couvrir toute personne qui en a la garde ou la conduite, donc le locataire. Dommages, vol et bris de glace restent facultatifs.
Quelle différence entre un contrat flotte et un contrat par véhicule ?
Le contrat flotte couvre tous les véhicules dans une seule police, avec des entrées et sorties en cours d'année. Au-delà de trois véhicules de catégorie B du même propriétaire, l'article A121-2 du code des assurances autorise une clause d'évolution de la prime différente du bonus-malus classique.
Quels documents préparer pour un assureur ou un courtier ?
La liste des véhicules et leur valeur, les relevés de sinistres, le détail de chaque sinistre, vos conditions générales et votre contrat, votre politique de caution et de franchise, vos règles d'âge et de permis, vos lieux de stationnement et votre volume d'activité.
Faut-il passer par un courtier ?
Ce n'est pas obligatoire. Un courtier agit pour votre compte et consulte plusieurs assureurs, ce qui aide sur un risque de location ou une flotte premium. Vérifiez son immatriculation sur le registre tenu par l'ORIAS.
Corsiva OS propose-t-il une assurance ?
Non. Corsiva OS n'a ni module d'assurance ni géolocalisation. Il conserve l'historique des locations, les états des lieux, les contrats signés, les cautions et les pièces des conducteurs, utiles pour constituer le dossier.
Sources
- Code des assurances, article L211-1, Légifrance
- Code des assurances, article A121-2, Légifrance
- Code des assurances, article L113-2, Légifrance
- Code des assurances, article L512-1, Légifrance
- Location de véhicule : la réglementation applicable, DGCCRF (13 mai 2026)
- Directive 2009/103/CE modifiée par la directive (UE) 2021/2118, version consolidée (article 16), EUR-Lex
- Registre des intermédiaires en assurance, banque et finance, ORIAS
- Vérifier si un professionnel est agréé ou immatriculé, ACPR
